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Les Châlonnais célèbres

Les Châlonnais célèbres

Mis à jour le 27 juin 2017

Parce qu’ils ont donné leur nom à une rue, une place ou à un bâtiment de la ville, certains Châlonnais nous sont familiers. Pierre Dac, Léon Bourgeois, Joseph Servas, Etienne Oehmichen... Cette page va vous éclairer sur ces personnages célèbres.

Né de nos jours à 1900

Jean-Pierre Ravaux -  (1942-2008)

jean pierre ravaux

Jean-Pierre Ravaux naît le 11 mai 1942 à Châlons.

Il acquiert de solides connaissances en latin, en grec, en histoire sainte et en hagiographie lors de ses études aux séminaires de cette ville. Il poursuit ses études supérieures à Reims puis à la Sorbonne et à l’Ecole du Louvre. En 1970, il est détenteur d’une maîtrise d’histoire de l’art et débute sa carrière comme secrétaire documentaliste à la Direction Régionale des Affaires Culturelles à Châlons. Cette même année, il est nommé conservateur des Musées de la ville. Pendant 32 ans, il exerce cette mission ayant pour buts d’inventorier, enrichir, rénover les collections et les faire connaître au grand public. 

 

 

 

CABUT Jean dit CABU - (1938 – 2015)

Dessinateur de presse, victime du terrorisme

Cabu

Jean Cabut naît à Châlons le 13 janvier 1938. 

Élève au lycée Pierre Bayen1 de Châlons, il y crée un journal satirique qu’il illustre.

A 16 ans, il frappe à la porte de l’agence de Châlons du journal « L’Union » et en devient dessinateur de presse occasionnel de 1954 à 1961. 

En 1954, il débute des études artistiques à Paris. 

À partir de 1960, Cabu collabore à « Hara-Kiri », puis à « Pilote », dans les colonnes duquel naît son personnage fétiche, le Grand Duduche, éternel adolescent ressemblant au lycéen lymphatique qu’il fut à Châlons.

En 1969, Cabu reçoit le Crayon d’Or du dessin de presse des mains de Pierre Dac1.

En novembre 1970, le journal « Hara-Kiri Hebdo » dont il fait partie est interdit pour une couverture jugée irrévérencieuse titrée « Bal tragique à Colombey : 1 mort » faisant allusion à la mort du général de Gaulle. 

Cabu poursuit l’aventure avec l’hebdomadaire « Charlie-Hebdo » créé pour succéder au précédent. 

Entre 1978 et 1987, il devient populaire en participant à des émissions télévisées comme « Récré A2 » ou « Droit de Réponse » et affute sa caricature politique dans « Le Canard enchaîné ».

Durant toute sa longue carrière de dessinateur de presse, Cabu publie plus de 35 000 dessins. Il s’est amusé de tout, n’épargnant ni l’armée, ni la police, ni les religions et leurs élites mitrées ou non, ni les politiques, présidents de la République en tête, ni même enfin les « Beaufs », ses contemporains vulgaires, racistes et réactionnaires. 

Aimant la France, politiquement marqué à gauche et farouchement écolo, Cabu, utilise la caricature comme une arme, sa cible préférée est l’extrême droite. Il défend la liberté d’expression et la laïcité face à tous les fanatismes religieux et à l’obscurantisme des intégristes qui profèrent des menaces de mort dirigées  contre Cabu et les dessinateurs de « Charlie-Hebdo ». Malgré la protection policière dont jouissent, depuis 2006, certains caricaturistes de ce journal, l’irrémédiable se produit le 7 janvier 2015 à 11h15 au siège de « Charlie-Hebdo », au 10 rue Nicolas Appert1 à Paris (XIe).Cet attentat suscite un immense émoi dans le monde entier. 

Jean Cabut repose à Châlons où il venait régulièrement rendre visite à sa famille et à ses amis.

Depuis 2007 et avec son accord, la bibliothèque municipale Pompidou accueille ses visiteurs avec les silhouettes de ses principaux personnages dessinées sur ses baies vitrées. La bibliothèque dispose depuis 2000, de près de 400 pièces de collections signées Cabu3.

A l’origine, la bibliothèque Gulliver devait porter le nom de Cabu. Par modestie, ce dernier n’a pas souhaité qu’un tel hommage lui soit rendu de son vivant.

  • Voir ce nom dans les panneaux de l’exposition.
  • l’hommage solennel que la ville de Châlons entendait rendre au plus Châlonnais des Parisiens a été suspendu en mars 2015 à la demande de la famille Cabut. 
  • La bibliothèque de Châlons conserve par ailleurs l’intégralité des numéros publiés par le Journal L’Union, édition de Châlons, où sont parus ses premiers dessins signés K-BU.

Jacques Songy - (1924-2008)

Résistant-Déporté au Struthof puis à Dachau

jacques songy

Jacques Songy naît le 12 juin 1924 à Châlons où son père est négociant en vin au 66 avenue de Paris. 

Il montre dès le début de l’occupation son hostilité à l’Allemagne nazie en bravant l’interdit de commémorer le 11 novembre et s’engage très jeune dans la Résistance. 

Membre depuis mai 1944 du Groupe Melpomène, il est arrêté le 12 août 1944, incarcéré au Struthof et déporté à Dachau en septembre. 

Il y côtoie l’horreur de l’univers concentrationnaire jusqu’ à la libération du camp intervenue le 29 avril 1945.

A son retour, il écrit ses « Fortes impressions de Dachau » afin de « ne jamais oublier ».

En 1948, il épouse Denise Pestre, résistante, membre rescapée du groupe Melpomène.

Il consacre désormais sa vie militante à aider ses compagnons de combat et les familles de ceux qui ne sont pas revenus des camps ou celles des fusillés. Il multiplie également les témoignages contre la barbarie nazie. 

Avec Jean Chabaud, président de l’Amicale de la Résistance de Châlons, il est à l’origine du Centre de mémoire aménagé au 7 Cours d’Ormesson, dans le sous-sol de l’ancien siège de la Gestapo.

Initiateur du monument aux déportés de Dachau, érigé au cimetière du Père-Lachaise, Jacques Songy est un humaniste et témoigne au sein des établissements scolaires, lors du concours de la Résistance ou en animant des débats et en présentant des exposés sur ces périodes noires.

Officier de la Légion d’honneur, médaillé militaire, titulaire de la Croix de Guerre, médaillé de la Résistance, il meurt le 26 juillet 2008.

En 2009, la ville de Châlons lui rend hommage en donnant son nom à la portion de rue bordant le monument de la Résistance, face à la prison.

Georges Clause -  (1922-2013)

george clause

Naît à Courtémont dans la Marne. Il étudie à Reims et à Paris au Lycée Henri IV puis embrasse la carrière d’enseignant. Il sera nommé à Châlons au collège et au lycée du centre-ville de 1947 à 1965. Chargé de cours en Sciences humaines à l’Ecole Nationale des Arts et Métiers de Châlons de 1960 à 1975, il intègre l’Université de Reims en 1965.

Il crée le « Centre d’Etudes Champenoises » ainsi que la revue « Etudes Champenoises ». En 1969, il obtient son mémoire de 3ème cycle d’histoire à Paris et en 1974, un doctorat de Lettres. En 1982, il est élu doyen de l’UER de Lettres et de Sciences humaines de Reims. Il quitte l’université en 1996. Durant 50 ans, il publie et collabore à la rédaction de 12 ouvrages et plus de 130 articles et études. 

Il s’éteint en 2013 à Châlons, dans la ville où il a toujours vécu.

 

 

LAUVAUX René -  (1904-1995) 

Crossman

Né à Châlons le 9 octobre 1904, il se distingue sur les pistes d’athlétisme au 1 500 m et au 3 000 m mais surtout au cross-country. Il court d’abord pour le club de Châlons puis part pour Paris. Il rejoint le C.O. Billancourt avec lequel il devient champion de France par équipes. Retiré à Dormans, il meurt le 7 avril 1995 à Epernay.

MAILLET Germaine - (1902-1991)

Maillet Germaine

Germaine Maillet naît à Sarry le 9 avril 1902. Ses parents, cultivateurs, résident dans ce qu’il reste du château qui fut la résidence des Comtes-Evêques de Châlons. Ce lieu historique influence son attirance pour des études en histoire. Elle enseigne cette matière dans un lycée privé parisien avant de revenir à Châlons après la deuxième guerre mondiale. Elle est alors nommée à la Direction départementale de la reconstruction, sise Cité Tirlet, où elle travaille jusqu’à sa retraite. 

Passionnée par l’histoire et l’ethnographie, Germaine Maillet se consacre entièrement à l’étude du folklore champenois dont elle recueille avec beaucoup de minutie les us et coutumes. Elle adhère au « Comité du folklore champenois » qu’elle va présider jusqu’à son décès survenu en avril 1991. Sous son impulsion, le Comité mène des enquêtes méticuleuses afin de recueillir les témoignages des « anciens » et les coutumes populaires encore vivantes.

Germaine Maillet fait également partie de diverses sociétés savantes et collabore à plusieurs revues nationales. Outre les articles qu’elle rédige, elle publie de nombreux ouvrages à caractère historique.

Quand sonne l’heure de la retraite, Germaine Maillet se consacre entièrement à sa passion et y travaille sans relâche, malgré des problèmes de mal voyance qui constituent un sévère handicap. En reconnaissance de son immense travail, dans les locaux de la bibliothèque qu’elle fréquentait assidûment, Germaine Maillet reçoit le titre de Chevalier de l’ordre des Palmes académiques. 

Agée, elle se retire à la Maison de retraite d’Avenay où elle décède le 18 avril 1991. Selon sa volonté, elle repose dans sa commune natale qui a donné son nom à sa bibliothèque municipale.

Les ouvrages issus de sa bibliothèque personnelle, riche en livres et revues sur le folklore, constituent le Fonds Maillet et font désormais partie des fonds patrimoniaux de la bibliothèque Georges Pompidou de Châlons.

Depuis 2013, la Ville de Châlons a donné son nom à une allée du Grand Jard (délibération du Conseil municipal du 21 novembre 2013).

LAUVAUX Camille -  (1902-1977) 

Marcheur

Né à Châlons le 24 janvier 1902, il se spécialise en 1926 dans la marche et va la pratiquer durant quarante ans au plus haut niveau. Chef de file des marcheurs châlonnais, il s’illustre au grand prix de l’Armistice le 11 novembre 1927 en terminant deuxième. Il est sélectionné pour la course Paris-Strasbourg mais, faute d’argent, ne peut y participer. Il continuera la marche jusque dans les années 1960. Il décède à Compertrix le 20 août 1977.

LAUVAUX Henri - (1900-1970)

Champion Olympique

LAUVAUX

Il naît à Châlons le 9 octobre 1900. Il suit les traces de son frère aîné et est sélectionné pour les jeux Olympiques de Paris de 1924 où il participe à 2 épreuves : le 10 000 m et le cross-country (individuel et en équipe). Il termine 5ème du cross-country et 3ème en équipe, ce qui vaut une médaille de bronze à la France. Champion de Champagne de 1923 à 1929, il devient champion de France du 10 000 m en juillet 1928, ce qui lui ouvre les portes de sa sélection aux Jeux Olympiques d’Amsterdam. Mais il doit abandonner en cours d’épreuve. Inspecteur de police à Châlons, il a tenu un journal de ses courses. Il décède à Paris le 19 juillet 1970.

Né entre 1900 à 1800

Alfred Chabaud - (1899-1944) 

Résistant, déporté à Buchenwald

Alfred Chabaud naît le 12 novembre 1899 à Antibes. 

Diplômé d’études supérieures d’histoire et de géographie, il devient professeur.

Il obtient un poste à l’Ecole nationale des Arts et Métiers de Châlons en 1937. 

Cette même année, il est lauréat de l’Académie des Sciences morales et politiques.

Au début de la guerre, il dénonce avec vigueur la signature de l’armistice et s’insurge contre les lois antijuives. 

Il est révoqué de l’enseignement par le gouvernement de Vichy.

Il retrouve un poste de responsable du service des actes administratifs à la préfecture de la Marne. 

Recommandé aux services de renseignements britanniques, Alfred Chabaud travaille pour eux dès janvier 1941 et va devenir un agent clé du réseau Brutus nord dans la région.

Le 7 janvier 1944, il est arrêté par la Gestapo à la préfecture rue Carnot.

Sa vie bascule alors dans l’horreur de l’extrême violence des nazis à laquelle il fait face avec courage et détermination.

Il arrive le 31 janvier 1944 à Buchenwald et est transféré le 13 mars à Dora, où les nazis font fabriquer les V1 et les V2. Il est alors affecté au Kommando d’Ellrich où il meurt d’épuisement le 30 juillet 1944 dans le tunnel de l’enfer.

Nommé Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume, il reçoit également la Croix de guerre 1939-1945 avec palme ainsi que la Médaille de la Résistance.

Le 18 juin 2003, le grand amphithéâtre de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers a été baptisé du nom d’Alfred Chabaud.

Louis-Robert ANTRAL - (1895-1939)

Antral

Louis-Robert ANTRAL naît à Châlons-sur-Marne le 13 juillet 1895. Mais ses parents étant domiciliés à Paris où son Père exerce la profession d’employé de banque, Louis-Robert quitte Châlons en 1899, il a alors 4 ans. Cependant, toute sa famille étant d’origine châlonnaise, le jeune Robert revient fréquemment dans la ville où il est né et y fait de longs séjours. 

Après une scolarité au Lycée Janson de Sailly, il fréquente les cours de l’Ecole des Arts décoratifs de Paris. Ses études sont interrompues par la Grande Guerre car il doit partir au front. Il en revient blessé, cité et décoré de la Croix de Guerre, avec une toile qu’il a réalisée sur le Chemin des Dames.

En 1920, il se marie avec Madeleine Kehl, peintre comme lui. Ses débuts sont difficiles et il doit travailler comme correcteur de journaux dans une imprimerie. Il fréquente également l’atelier de Cormont et se met sérieusement à la peinture, plus particulièrement à l’aquarelle qu’il affectionne. En 1926, il obtient le Prix Blumenthal. En tant que membre et sociétaire du Salon des Indépendants, il y expose régulièrement de 1920 à 1939. Peintre figuratif, il réalise de nombreux tableaux de paysages et de scènes. De Châlons, il a mis les bords de Marne à l’honneur. Outre les peintures et les fresques, il illustre également des ouvrages d’auteurs contemporains ainsi que quelques affiches. 

Il meurt à Paris le 7 juin 1939. Il a alors 43 ans.

Le nom de Louis-Robert Antral a été donné à un square de Châlons.

DAC Pierre - (1893 – 1975)

Artiste – humoriste

Dac Pierre

André Isaac, né à Châlons (1) le 15 août 1893 au 70 rue de Marne, obtient en 1950 du tribunal de Châlons, un jugement changeant son patronyme en « Pierre-Dac ».

Son père est boucher. La famille quitte Châlons pour s’installer à Paris alors qu’André n’a pas encore 3 ans.

Mobilisé en 1914, il participe à la guerre et est blessé deux fois.

Démobilisé, il se lance dans la carrière de chansonnier. Engagé en 1926 à « La vache enragée » à Paris, il prend le pseudonyme de Pierre Dac. Son talent est vite reconnu et il se produit dans tous les grands cabarets parisiens.

En 1935 la T.S.F, comme on désigne à l’époque la radio, fait ses débuts et Pierre Dac s’y produit régulièrement.

Il crée le journal « L’os à moelle » en1938. Dans cet hebdomadaire, il laisse libre cours à ses délires verbaux qu’il reprendra plus tard dans son ouvrage « Les pensées » paru en 1972. « L’os à moelle » arrête de paraître le 31 mai 1940 avec l’arrivée des nazis à Paris.

Il doit alors fuir et souhaite se réfugier à Londres auprès des Forces de la France Libre. Il n’y parvient qu’en 1943. Il participe sur la B.B.C. à l’émission « Les Français parlent aux Français » 

Avec le retour de la paix, il reprend sa carrière d’humoriste. C’est la radio qui va lui offrir à nouveau le succès avec un autre humoriste, Francis Blanche. Sur scène, ils produisent un sketch écrit par Pierre Dac « Le sâr Rabindranath Duval » qui remporte un grand succès (2).

Il meurt le 9 février 1975 à Paris, lui qui avait déclaré à Jean Nohain « La mort, c’est un manque de savoir vivre ». Une rue de Châlons porte son nom depuis 1976 ainsi qu’un espace culturel depuis 1995.

(1) Ou, selon une des loufoqueries de Pierre Dac, à Shalom-sur-Marne.

(2) On lui doit aussi le Schmilblick, un appareil, qui ne servant absolument à rien, peut également, par conséquent servir à tout. Il le perfectionnera en inventant Le Biglotron qui n’est autre qu’un Schmilblick avec bidule.

LAUVAUX Gustave - (1892-1970) 

Athlète olympique

Né à Châlons le 21 novembre 1892, il entreprend une carrière athlétique. En 1912, il est sélectionné pour les Jeux Olympiques de Stockholm mais ne s’y rend pas faute d’argent. Cette même année, il est vainqueur du 1500 m de France-Belgique et est sacré champion de France de Steeple. La guerre interrompt momentanément sa carrière. Comptable à la préfecture de la Marne, il revient au premier plan de l’athlétisme grâce au soutien que lui accorde le préfet Brisac qui lui accorde 1 mois de congés pour participer aux Jeux Olympiques de 1920 à Anvers. Il se classera 17ème. En 1940, au retour de l’exode, il a la désagréable surprise de découvrir la disparition de tous ses trophées, médailles et photos. Il décède le 8 avril 1970 à Trouan-le-Grand (Aube) où il s’était installé comme coquassier.

Henri Vendel - (1892-1949)

Conservateur de la bibliothèque et des musées de Châlons

Vendel Henri

Bibliothécaire visionnaire et novateur, pionnier de la lecture publique

Fils de commerçants, Henri Vendel naît dans l’Orne en 1892.

Licencié ès Lettres latin-grec, il est mobilisé en 1914. Blessé lors d’une attaque aux gaz sur le chemin des dames, il est évacué en mai 1918. Il reçoit deux citations et la Croix de guerre. Cette expérience le marque profondément et orientera par la suite toute son action de militant européen et pacifiste. 

Il reprend ses études à l’Ecole des Chartes et obtient un diplôme d’archiviste-paléographe.

En 1921, il publie, sous le pseudonyme d’Henri Nadel, son premier livre «  Sous le pressoir », inspiré par les carnets qu’il tenait à jour dans les tranchées. Ce poignant témoignage est préfacé par Romain Rolland et sera également édité aux Etats-Unis.

C’est la même année qu’il est nommé conservateur de la bibliothèque municipale et des musées de Châlons, jusqu’en 1945. 

A cette époque, les bibliothèques étaient des lieux fréquentés par de rares érudits. L’idée de lieux ouverts au grand public commençait seulement à germer dans l’esprit de quelques bibliothécaires avant-gardistes dont faisait partie Henri Vendel.

« En quelques années, le jeune conservateur va faire de la bibliothèque de Châlons, l’une des plus actives de France». 

Il met en place de nombreuses actions inhabituelles pour l’époque: publicité dans la presse locale, expositions, conférences et causeries...

En 1938, il crée la Bibliothèque enfantine, dont le financement est assuré, au départ, par des bals costumés.

La même année, il met aussi en place, le bibliobus de la Marne grâce à des fonds privés C’était une « première » en France, qui a connu le succès et la longévité que l’on sait. 

« Tout ce qui se pratique régulièrement dans nos bibliothèques, Vendel l’expérimenta à Châlons entre 1925 et 1939 ».

Pendant l’occupation, Henri Vendel, devient assez vite suspect aux yeux des autorités allemandes pour ses écrits et son action à la Bibliothèque de Châlons. Patriote, il est lié au groupe de résistance Libération-Nord. Le 10 mars 1944, deux agents de la Gestapo châlonnaise viennent l’arrêter à la bibliothèque. Il est emprisonné puis doit se cacher jusqu’à la fin de la guerre. 

Peu après la libération, ses actions ayant été remarquées par les nouvelles autorités, il est nommé Inspecteur général des Bibliothèques.

Sa santé étant fragile depuis qu’il a été blessé en 1918, Henri Vendel meurt prématurément le 14 mars 1949. 

Le 1er avril 1949, le conseil municipal de Châlons, donne son nom au passage séparant l’Hôtel de Ville du bâtiment où se trouvait l’ancienne bibliothèque.

Oehmichen Etienne -  (1884-1955)

Inventeur de l’hélicoptère

Oehmichen Etienne

Etienne (Edmond) Oehmichen naît à Châlons en 1884 au 3 boulevard Vaubécourt. 

Son père, chef d’escadron, est commandant de l’Ecole d’Application d’Artillerie de Châlons et y meurt en 1893. Etienne rejoint alors Lyon, le berceau de la famille. Après ses études secondaires, il entre à l’Ecole centrale des arts et manufactures en 1905 et obtient son diplôme d’ingénieur en 1908.

C’est vers le secteur de l’électricité encore naissante qu’il s’oriente à Belfort puis chez Peugeot à Beaulieu-Valentigney. Ses premières réalisations sont une dynamo et un démarreur. Mobilisé pour la guerre en 1914, il est affecté aux recherches sur les chars d’assaut ; il met au point des chenilles.

Démobilisé, il se passionne pour le vol des oiseaux et publie en 1920 un ouvrage « Nos maîtres les oiseaux ». Il s’oriente vers le vol en hélicoptère. 

A partir de 1919, Oehmichen construit un appareil « Oehmichen n°1 ». Le 15 janvier 1921, il fait son premier essai et décolle de 2 mètre pendant 15 secondes, ce qui lui vaut d’être décoré de la Légion d’honneur.

Il construit un nouvel appareil « Oehmichen n°2 » 

Il effectue plusieurs tentatives, où la stabilité de l’hélicoptère est la plus grande difficulté. Etienne Oehmichen sera le premier à la maîtriser. Le 4 mai 1924, il réalise à Arbouans, le premier véritable vol en hélicoptère en effectuant un circuit fermé de 1,5 kilomètre.

Il poursuit ses recherches sur les hélicoptères jusqu’en 1936.

Il fait encore de nombreuses autres découvertes comme un projecteur cinématographique ou une pompe à vide, un calibreur pour contrôle des tôles, une caméra à haute fréquence…

En 1939, il est élu au Collège de France, à la « Chaire d’aérolocomotion mécanique et biologique ». 

Il meurt en 1955.

Une rue de Châlons porte son nom depuis 1956 

SERVAS Joseph - (1857 – 1941)

Maire de Châlons, dont la conduite, dans des moments fort difficiles, lui a valu l’estime générale des Châlonnais

Joseph Servas naît le 4 septembre 1857 à Avocourt (Meuse) où son père est charbonnier.

Il est marchand de charbon à Châlons. 

Elu conseiller municipal en 1904, il devient adjoint au maire en 1908.

Lors de l’occupation allemande en septembre 1914, il reste courageusement en poste. Le maire, Charles Bernard, ayant fui devant l’avancée ennemie, il prend la direction effective de la municipalité dès le 3 septembre.

Le 4 septembre 1914, Châlons est occupée et Joseph Servas est pris en otage par les Allemands. Menacé de mort, tenu prisonnier et gardé à vue, avant d’être libéré sous caution, il gère la vie quotidienne des Châlonnais durant l’occupation s’avérant être « un négociateur hors pair » (1). Il défend les intérêts des châlonnais face à l’occupant, avec l’aide de Monseigneur Tissier, évêque de Châlons, pour réduire le montant exorbitant de la contribution de guerre exigée de la ville.

Au lendemain de la libération de Châlons, Joseph Servas est nommé maire provisoire par le gouvernement. Le 4 décembre 1914, sa « belle conduite », ainsi que celle de Mrs Petit et Lallement (conseillers municipaux), de Monseigneur Tissier et des abbés Laisnez et Remy, est portée « à la reconnaissance du pays » pour avoir, « pendant l’absence du maire et d’une partie du conseil municipal, assumé la responsabilité et les risques de la représentation des intérêts de la ville devant l’ennemi. ». (1)

Pendant et après la guerre, il joue un rôle éminent, unanimement reconnu, dans la vie publique châlonnaise.

Joseph Servas reste maire jusqu’en 1925. Il doit faire face aux nombreuses difficultés de l’après-guerre et à la reconstruction. 

Eu égard à son rôle durant la guerre 1914-1918, il est promu citoyen d’honneur et maire honoraire de Châlons.

Il est décoré de la Légion d’honneur le 7 octobre 1918 par Raymond Poincaré, Président de la République, avec Monseigneur Tissier, une distinction récompensant leur noble conduite durant le conflit. 

Joseph Servas meurt le 26 janvier 1941 à Châlons.

Son nom a été donné en 1942 à une rue.

(1) « À propos de Joseph Servas » par Michel Jonquet in Champagne Généalogie n° 125, 4e trimestre 2009, p. 264-270 

FAILLY Jérôme, dit Z’a Bouton - (1857-1925)

Recordman châlonnais des saluts élégants

Jérôme Failly. Carte postale, Bibliothèque de Châlons (CP 52275)

Naît à Châlons le 9 septembre 1857. Ce personnage original est toujours affublé de gigantesques cravates aux teintes bariolées, ses moustaches sont cirées avec des bouts de cosmétique que les coiffeurs lui réservent. Coiffé d’un chapeau melon, un énorme parapluie sous le bras, il passe en se dandinant puis, brusquement, s’arrête devant un passant, joint les talons et, dans un geste minutieusement mesuré, le salue largement et essaie de lui tenir une conversation poétique. De ce personnage excentrique, la photographie et l’édition d’une carte postale répandent partout son geste typique qui lui vaut le titre de « recordman châlonnais des saluts élégants ». En 1910, la maison Gheorges, rue Croix des Teinturiers, expose dans ses vitrines un agrandissement de ce personnage. 

Il pénètre dans les plus grands cafés et après avoir serré la main des consommateurs, ceux-ci le font chanter et lui donne quelques pièces tout en lui offrant un verre. Jusqu’à son entrée à l’Asile de vieillards, il travaille comme aide tailleur à l’Ecole des Arts où il coud et recoud les boutons d’où son surnom de Z’a bouton qui lui est donné par les élèves de l’Ecole. Il décède à Chalons le 15 janvier 1925. 

Aucune rue ne porte son nom.

Bourgeois Léon - (1851-1925)

Prix Nobel de la Paix

Bourgeois Leon

Léon Bourgeois est un châlonnais d’adoption par son mariage. En effet, en 1876, il épouse Virginie Sellier, une Châlonnaise.

Il naît le 29 mai 1851 à Paris où son père est horloger. 

Après des études en droit, il obtient un doctorat et s’inscrit au barreau de Paris. 

Finalement, il s’oriente vers une carrière administrative. En 1877, il est nommé secrétaire général à la préfecture de la Marne. Il occupe ensuite divers postes. Mais il songe à une carrière politique. Il est élu député de la Marne en 1888, sous l’étiquette radicale et réélu jusqu’en 1905, année où il devient Sénateur et siège jusqu’en 1925. Il est nommé ministre à de nombreuses reprises (de l’Intérieur, des Affaires Etrangères, du Travail et de la Prévoyance…) et Président du Conseil.

En 1896, il publie « Solidarité » où il expose le solidarisme, une doctrine entre le collectivisme et le libéralisme. Durant toute sa vie politique, il défend ces principes en faisant voter un texte sur les accidents du travail, un autre sur le repos hebdomadaire, en souhaitant que tous les travailleurs aient une retraite, en développant les dispensaires…

En 1899, une conférence internationale est organisée à la Haye pour développer une coopération entre les Nations. Léon Bourgeois est choisi pour représenter la France. Son rôle y est considérable. Il propose l’emploi de l’arbitrage pour régler les conflits internationaux.

C’est ainsi que sera créée la Cour permanente d’arbitrage.

En 1902, il est élu président de la Chambre des Députés. 

Il est à nouveau délégué à la Conférence de La Haye en 1907.

Lors de la signature de l’armistice le 11 novembre 1918, les Etats souhaitent créer une organisation susceptible de prévenir les conflits. Léon Bourgeois, qui avait écrit dès 1910 « Pour la Société des Nations », est désigné pour présider la délégation française. Il souhaite créer une force d’intervention capable de rétablir la paix partout où elle est en danger. 

Mais le président des Etats-Unis n’est pas de cet avis, c’est ce dernier qui l’emportera. 

En 1920, Léon Bourgeois est porté à la présidence à la Société des Nations (S.D.N qui devient l’O.N.U en 1945) et obtient le prix Nobel de la Paix pour son action dans cette organisation.

De 1920 à 1923, il préside le Sénat.

Atteint de cécité, il finit ses jours dans sa propriété d’Oger où il meurt le 29 septembre 1925. Ses cendres sont déposées au cimetière de l’Ouest à Châlons.

Grâce à un don réalisé en 1927, sa bibliothèque personnelle a été partagée entre la Bibliothèque municipale et les Archives départementales de la Marne. Le Fonds Léon Bourgeois de la Bibliothèque se compose de 1 800 ouvrages de sciences politiques, histoire et sociologie.

Une rue à Châlons porte son nom depuis 1925.

Drouin Paulin -(1841-1919)

Boulanger - Inventeur

Paulin (Anatole) Drouin naît à Saint-Germain-la-Ville où son père Memmie est fermier.

Sixième enfant d’une famille qui en compte sept, orphelin de père à 15 ans, il entre en apprentissage chez son cousin germain à Epernay pour apprendre le métier de boulanger. Il est ensuite employé dans une boulangerie de Reims avant d’entrer dans celle tenue à Châlons rue d’Orfeuil par Madame Delcroix-Brocart. Celle-ci, devenue sa cousine par le mariage qu’il contracte en 1866 avec Marie-Joséphine Strapart, lui vend la même année sa boulangerie.

Ouverte tous les jours de six heures du matin à neuf heures du soir, la boulangerie alimente tous les matins le buffet de la gare en croissants frais pour le passage du train de six heures.

En septembre 1870, lors de  l’invasion Prussienne, alors que toutes les boulangeries sont fermées faute de farine, Paulin Drouin accepte de ravitailler en pain toute la ville à condition que les autorités prussiennes lui procurent de la farine et du personnel, ce qui est fait au prix d’un travail surhumain.

Fortune faite, propriétaire foncier à Fagnières et à Châlons, il cède sa boulangerie en 1881 avec l’idée de se fixer à Paris.

Paulin Drouin commence alors une nouvelle vie où il allie sa belle intelligence et sa grande habileté dans le travail manuel et se consacre aux recherches scientifiques.

En 1896, il obtient un brevet pour son invention d’un «appareil à vaporisation instantanée à l’usage des fours de boulangerie». Adoptée par un nombre considérable de boulangers, sa découverte est présentée de 1896 à 1900 dans différentes expositions et lui vaut huit diplômes, cinq grands prix, un premier prix, deux médailles de vermeils, une croix insigne et, lors de l’exposition universelle de Paris en 1900, une mention honorable.

L’année suivante, il obtient un nouveau brevet d’invention pour «un système d’appareil bouche-bouteille portatif à double effet».

Il poursuit ses recherches dans d’autres domaines, notamment sur le mouvement perpétuel.

Il meurt à Châlons, en 1919.

Aucune rue ne lui est consacrée.

NAVLET Gustave - (1832-1915)

Sculpteur

Navelet Gustave Andr

Gustave André, le troisième enfant, naît à Châlons le 25 avril 1832. Comme son frère Joseph, il travaille comme emballeur vannier chez Jacquesson. Mais, rapidement, il rejoint ses frères à Paris. Gustave, lui, est attiré par la sculpture. Il n’arrive pas à vivre de son art et regagne Châlons en 1857 après 4 ans de vie parisienne où il reprend son ancien métier mais continue à s’adonner à sa passion. La ville de Châlons lui accorde une bourse qui lui permet de poursuivre des études de sculpture à Paris de 1863 à 1870 dans l’atelier de Jean-Marie Bonassieux (1810-1892). En 1863, il obtient un Premier prix lors du concours général des fabricants de bronze d’art pour « Le repos interrompu ». En 1880, Gustave revient à Châlons. Un peu avant 1885, il s’établit à Reims où il a une production importante. On peut encore admirer ses bas-reliefs chez Pommery à Reims et chez Mercier à Epernay.

 

Louis Grignon -  (1829-1891)    

Naît à Châlons-sur–Marne, y étudie.

Grignon Louis

Devient militaire. Pendant ses loisirs, il acquiert des connaissances variées. Il apprend la musique. Il prend sa retraite à Guéret où il commence à écrire. En 1874, il revient dans sa ville natale et se rapproche de la presse locale. Il assure la chronique musicale du « Journal de la Marne » et contribue à sauver les orgues des églises de Châlons. Suite à de nombreuses recherches dans les archives de la ville, il rédige des nouvelles qu’il publie sous forme de feuilleton. En 1889, il édite sa « Topographie historique de la ville de Châlons-sur-Marne » puis rédige des ouvrages sur les monuments de la ville, l’histoire des corporations châlonnaises. Devient membre de la SACSAM. 

Il quitte Châlons en 1888 pour Paris où il décède.

 

 

NAVLET Joseph -  (1821-1889)

peintre

Joseph Navlet, plus jeune de deux ans que Victor, voit le jour à Châlons le 11 février 1821. Très jeune, tout en étant emballeur vannier pour les Caves Jacquesson, Joseph passe son temps libre à décorer au fusain les façades de baraquements installés à proximité. Attiré par la peinture historique, il représente des scènes militaires et des portraits. Ces fresques qui connaissent un certain succès auprès des Châlonnais lui valent l’obtention d’une bourse durant plusieurs années, ce qui lui permet de suivre à Paris les cours d’Alexandre Abel de Pujol (1785 ?-1861), peintre d’histoire, de scènes de genre et de portraits. Chaque année, il expose à l’Hôtel Drouot où il vend ses œuvres. Il meurt à Paris des suites d’une attaque de paralysie le 16 avril 1889.

NAVLET Victor -  (1819-1886)

Dessinateur et peintre

Navlet Louis Victor

Louis Victor Navlet, né à Châlons-sur-Marne le 8 novembre 1819, est l’aîné des fils de Jean-Baptiste Navlet. Victor débute sa carrière artistique en tant que lithographe et part à Amiens. Il excelle dans le dessin. En 1844, il s’installe à Paris et expose au Salon dès 1848. Il se spécialise alors surtout dans l’étude de la perspective dont il devient l’un des maîtres et se lance dans la peinture architecturale, tant extérieure qu’intérieure. A Paris, Victor connaît le succès et les commandes affluent, en particulier de l’Etat. Il décore divers édifices publics en France et aussi à Rome et au Vatican dont il peint plusieurs intérieurs. Il décède à Paris (4e) le 25 février 1886, à l’âge de 66 ans, à la suite d’une intervention chirurgicale.

 

 

HERMANT Charles-Joseph, -  dit MITAINE - (1815-1858)

Poète et chansonnier

Hermant Charles Joseph

Charles-Joseph Hermant naît à Châlons le 13 août 1815. Son père, ancien caporal des Carabiniers est alors cabaretier. Il devient par la suite chiffonnier. Nostalgique de l’armée impériale, il garde sous sa blouse son uniforme de soldat. Son aspect de clochard lui vaut le surnom de « Père Mitaine », déformation de l’expression « Croque mitaine ». Son fils en garde le surnom.

Après une scolarité à l’Ecole mutuelle, Charles-Joseph devient ouvrier, d’abord comme cordonnier, puis comme plâtrier. Mais c’est la poésie qu’il sert le mieux. Il se sent poète et sa facilité à rimer lui vaut rapidement une certaine gloire locale. Poète, mais également chansonnier, Charles-Joseph signe ses œuvres du nom d’Eugène Hermant de Dorval. Ce nom lui est inspiré par la célèbre actrice Marie Dorval (1798-1849) pour laquelle il a une profonde admiration. 

Ses vers sont plein d’humour. Ils sont imprimés et vendus principalement pendant la période du carnaval. Lors de la Révolution de 1848, il compose plusieurs chansons à caractère politique. Celle intitulée « La République française » connaît un énorme succès à Châlons (5 000 exemplaires sont imprimés). 

En 1856, il rencontre Alexandre Dumas qui est de passage à Châlons. Mitaine voit en lui un protecteur puissant, capable de lui trouver un éditeur pour ses œuvres. Mitaine, trop fier, ne veut rien accepter d’autre. Mais il reconnaît son erreur et en devient malheureux. Le 9 mai 1858, Charles-Joseph met fin à ses jours en se pendant à la branche d’un arbre du Jard anglais. A la nouvelle de sa mort, Dumas lui consacre une notice dans son journal « Le Mousquetaire ».

Les œuvres de Mitaine sont en partie recueillies par Auguste Denis qui les édite en 1867 avec une notice et un portrait du poète le représentant tel que les Châlonnais avaient coutume de le voir : coiffé d’un chapeau orné d’une longue plume et couvert de haillons, un énorme portefeuille en cuir qui contenait ses œuvres en bandoulière.

Né entre 1800 à 1700

Picot Charles - (1799-1861)

Inventeur – Collectionneur d’art - Donateur du musée

Picot Charles

Charles Picot naît à Châlons à la fin de la Révolution, le 14 ventôse an VII, soit le 4 mars 1799.

Son père est à l’époque cabaretier meunier à la sortie de Châlons en direction de Sainte-Ménehould.

Charles, cadet d’une famille de six enfants, se destine à la menuiserie.

Il a la passion des inventions et reçoit en 1831, une médaille de la Société Académique de la Marne pour une scie mécanique perfectionnée.

Il met au point dans son atelier, 21 rue Saint-Jacques (rue Léon Bourgeois), une machine à couper le bois de placage, sans perdre l’épaisseur du sciage, applicable aussi au traitement de l’écorce pour la tannerie.

Cette découverte assure sa fortune et lui laisse le loisir de faire d’autres découvertes comme un échafaudage mobile, une machine à moissonner et à faucher, etc.

Les récompenses se suivent. En 1839, il reçoit deux médailles, une de bronze et une d’argent, à l’Exposition nationale des Produits de l’Industrie de Paris. Lors de l’Exposition universelle de 1855, il obtient une médaille de première classe.

Sa fortune lui permet de constituer une collection d’œuvres d’art. Son nouveau domicile du 34 rue Grande Etape, acquis en 1841 se transforme en «cabinet de curiosités » où il présente du mobilier raffiné, des tableaux, sculptures, ivoires, porcelaines, armes et autres objets historiques.

Il n’en continue pas moins d’inventer de nouvelles machines, dont plusieurs dans le domaine du champagne.

En 1852, Charles Picot établit son testament dans lequel il déclare léguer à sa mort son cabinet de curiosité à la ville de Châlons pour constituer un musée. Au total, ce sont 275 objets d’art, dont des peintures de premier ordre, qui vont intégrer les collections du musée après son décès survenu le 18 novembre 1861.

Depuis 1869, une rue de Châlons porte le nom de Charles Picot. La ville lui a par ailleurs érigé un monument funéraire, au cimetière de l’Ouest.

En 2008, la collection Picot a fait l’objet d’une exposition au Musée de Châlons et a donné lieu à l’établissement d’un catalogue.

Jean-Baptiste François -  (1792-1838)

Pharmacien-chimiste

Jean batiste francois

Jean-Baptiste François, fils d’un marchand de fer, naît à Saint-Mihiel dans la Meuse le 6 février 1792. 

Après ses études, il entre dans un hôpital militaire pour y apprendre la pharmacie.

En 1815, il s’installe à Châlons comme employé du pharmacien Joseph-Simon Tisset (1761-1816). Il épouse en 1816 la nièce de son employeur et reprend l’officine à sa mort.

Il effectue des travaux sur les vins de Champagne.

En 1826, il découvre le moyen de supprimer la «graisse», maladie du vin blanc entraînant des pertes importantes, grâce à un extrait alcoolique à base de noix de galle qu’il crée.

Ses travaux donnent lieu à un « Mémoire sur la cause de la graisse des vins et sur le moyen de la détruire ou la prévenir » qui est lu et publié en 1829.

Il travaille aussi sur la prise de mousse et sur le problème de casse de bouteilles de champagne qui est alors de l’ordre de 20 à 30% de la production. Ainsi en 1836, il invente un densimètre spécial, le gleuco-oenomètre, qui permet d’évaluer la quantité d’acide carbonique contenu dans le moût, de proportionner par la suite la force expansive du vin à la résistance des bouteilles, donc d’éviter les pertes par casse et aussi de doser le sucre.

Le procédé est appélé la « réduction François »

Il publie un « Traité sur le travail des vins blancs mousseux » en 1837.

Il décède en 1838, à 46 ans, à Châlons dans sa demeure rue d’Orfeuil.

Une rue de Châlons porte son nom depuis 1869.

NAVLET Jean-Baptiste - (1792-1873)

Professeur de dessin

Jean-Baptiste Navlet naît à Châlons le 13 novembre 1792. Son père, Jacques  Navlet, étant vannier. Il poursuit la même voie. Il se marie le 25 mars 1816 avec Madeleine Canon, native comme lui de Châlons. De cette union naîtront quinze enfants. A partir de 1833, il est recruté comme professeur de dessin à l’Institution Gosserez puis comme maître adjoint de dessin linéaire à l’Ecole normale primaire de Châlons et en 1847 à l’Ecole normale supérieure. En 1841, il publie « Principes du dessin linéaire à vue », puis en 1846 « Les principes de dessin d’architecture » ainsi qu’un « Atlas comprenant 30 planches de dessin linéaire à vue ». Il publie également des « Exercices de dessin d’ornement ». Jean-Baptiste Navlet décède à Châlons le 22 août 1873.

Mais il aura donné le goût des arts à trois de ses quinze enfants : Victor, Joseph et Gustave.

Appert Nicolas - (1749-1841)

Inventeur de l’appertisation

Nicolas Apper

Nicolas Appert naît le 17 novembre 1749 à Châlons, à l’auberge du Cheval Blanc tenue par son père, Claude Appert et située aux 16 et 18 de la place Saint-Jean actuelle.

Le jeune Nicolas passe sa jeunesse avec ses frères et apprend, comme c’est l’usage chez les artisans commerçants de l’époque, le métier des parents: il est tour à tour cuisinier, sommelier, caviste...

En 1784, il s’installe confiseur rue des Lombards à Paris.

Il s’intéresse à la conservation des aliments. 

Il expérimente alors divers procédés basés sur le chauffage des aliments; il découvre qu’en les chauffant dans un récipient hermétiquement clos, le produit se conserve indéfiniment; l’appertisation est née, et ses premières conserves sont effectuées dans des bouteilles de vin de champagne. Rapidement, il développe sa découverte et pour cela il installe un atelier en 1795, près de Paris. Ses produits sont alors diffusés principalement auprès de la  Marine. 

En 1806, il présente pour la première fois ses conserves lors de l’exposition des produits de l’Industrie française : le jury ne cite même pas la découverte. 

Mais à la même époque la marine teste ses conserves; ce ne sont que des éloges.

Appert renonce à déposer un brevet et à l’argent qu’il aurait ainsi pu gagner pour permettre au plus grand nombre de pouvoir bénéficier de sa très utile découverte.

Dès cette époque des conserveries apparaissent tant en France qu’à l’étranger. En Angleterre où son procédé est appliqué, les conserveurs utilisent du fer. Appert décide de perfectionner ce nouvel emballage. 

Ses travaux ne se limitent pas à la conservation; il découvre le procédé de chauffage des vins, dit de «pasteurisation». Il parvient en 1827 à concentrer le lait...

A 86 ans, il cède son entreprise et se retire des affaires à Massy.

Aimé de tous, mais dans le plus grand dénuement, il meurt cinq ans plus tard. 

Son nom est honoré à Châlons par une rue depuis 1952, un collège depuis 1966, une plaque commémorative sur sa maison natale et une statue colonne, créée en 1991 devant l’Hôtel de région. Outre Châlons, soixante et onze villes françaises, ainsi que Montréal au Canada, ont donné le nom de Nicolas Appert à une de leurs rues.

Claude Rémy Buirette de Verrières - (1749-1793)

Naît à Verrière en Argonne.

S’installe à Châlons comme avocat. Il rédige plusieurs documents historiques : notamment une ode sur les embellissements de Châlons-sur-Marne, des « Annales historiques de la ville et comté-pairie de Chaalons-sur-Marne », « Les états de Champagne : à la ville de Châlons », « Prospectus d’un dictionnaire généalogique et historique de la noblesse et de l’Histoire générale de la Champagne ».

S ‘installe à Paris en 1788. Meurt à Bruxelles 

Pierre Bayen - (1725-1798)

Pharmacien-chimiste

Bayen Pierre

Considéré aujourd’hui comme le père des pharmaciens militaires, Pierre Bayen  naît le 7 février 1725 dans la boulangerie familiale de la rue Saint-Jacques, actuelle rue Léon Bourgeois.

Après ses études à Châlons puis au collège de Troyes, il devient, en 1747, apprenti apothicaire à Reims. Deux ans plus tard, il se rend à Paris pour poursuivre dans cette voie.

En 1755, sa carrière s’oriente vers l’exercice de la pharmacie dans le cadre des armées. En 1757, il a sous ses ordres Augustin Parmentier (qui deviendra le célèbre agronome promoteur de la consommation de la pomme de terre) avec lequel il se lie d’amitié.

Pierre Bayen est chargé de la mise en place d’un véritable «Service de pharmacie des Armées », qu’il organise avec rigueur et détermination. Ainsi, en 1766, il est nommé « apothicaire-major des camps et des armées du Roi ». C’est le premier titulaire de cette charge permanente qui vient d’être créée.

Il participe à la réforme du Service de santé.

Il mène parallèlement des travaux de chimie qui lui valent d’être considéré comme « un des créateurs de la grande révolution chimique moderne ». (1)

Ses recherches ont probablement grandement inspiré  le chimiste Lavoisier, dans la découverte de l’oxygène qui l’a rendu célèbre.

En 1781, Pierre Bayen est chargé des hôpitaux militaires et entre en 1788 avec Parmentier au Conseil de santé.

En 1796, il est nommé inspecteur général du Service de santé des armées de la République.

Malade, il meurt le 27 pluviôse an VI (15 février 1798) à Paris.

Son nom est honoré à Châlons par une rue depuis 1869, un lycée depuis 1972.

Son portrait en grisaille orne le grand vestibule de l’Hôtel-de-Ville.

L’hôpital militaire de Châlons, inauguré en 1907, en hommage au rôle important que Pierre Bayen a joué dans la création des Services de  santé des armées, a porté son nom jusqu’à sa fermeture en 1999.

Il existe une rue Pierre Bayen à Paris dans le 17ème arrondissement.

(1) Foucroy : Art. Chimie de l’Encyclopédie méthodique et journ. de la société des ph. De Paris, 1798.

Né entre 1700 à 1500

TALON Jean - (1626 – 1694)

Intendant de la Nouvelle France

Talon Jean

Jean Talon naît à Châlons le 8 janvier 1626, au 17 de l’actuelle rue du Lycée. Après ses études chez les jésuites à Paris, il entre dans l’administration militaire.

Jean-Baptiste Colbert, qui souhaite établir une administration fiable et efficace, le nomme intendant de la Nouvelle-France.

Talon est le premier administrateur à s’y rendre de 1665 à 1668. Il débarque à Québec le 12 septembre 1665.

Il y développe la colonie, crée une justice, une police et encourage le commerce tout en diversifiant l’agriculture.

Il établit un plan de peuplement et fait venir des femmes, « les filles du Roy » (jeunes filles recrutées dans les orphelinats parisiens).

Le roi Louis XIV lui demande de retourner à Québec de 1670 à 1672 où il reprend une activité intense. Il relance les explorations de façon méthodique. En 1673, près de 7 000 Français y sont installés. 

Son passage est salué par tous et la Nouvelle France connaît un développement économique et démographique important.

A son retour en France, Jean Talon reçoit le titre de comte d’Orsainville et occupe de hautes fonctions auprès du roi. 

Il s’éteint le 23 novembre 1694 à Paris et, selon ses vœux, il est inhumé le 3 octobre 1695 à Châlons, en l’église Notre-Dame-en-Vaux où un fragment de sa pierre tombale est encore visible. 

Une rue de Châlons porte son nom depuis 1963, ainsi que le lycée implanté sur la Rive-Gauche depuis 1994. En 2004, une statue de Jean-Talon, due au sculpteur châlonnais Juan Carlos Carrillo, a été inaugurée en face de l’église Notre-Dame-en-Vaux.

Il existe entre autre, à Montréal, une rue, un marché et une station de métro portant le nom de Jean Talon.

Martin Akakia - (v. 1500 – 1551)

Médecin

Akakia

Martin Akakia naît à Châlons (Paroisse Saint-Antoine) vers 1500.

Nous ne savons rien de sa jeunesse à Châlons, mais nous le retrouvons étudiant en médecine à l’Université de Paris. Il est admis docteur en médecine le 20 avril 1526. Sa carrière est couronnée de succès et de reconnaissance de la part des plus hautes instances médicales et des plus grands personnages de son époque puisqu’il est nommé lecteur royal au Collège de France, et reçoit la charge de professeur de médecine.

Il devient médecin du poète Clément Marot, si l’on en croit « L’Epître au roi pour avoir été desrobé » écrit le 1er janvier 1532 :

« Et pourtant, Sire, que suis à vous, de trois jours l’un viennent tâter mon pouls, Messieurs Braillon, Le Coq, Akakia, pour me garder d’aller jusqu’à quia »

En 1545, François 1er le prend comme médecin personnel et il participe au Concile de Trente.

Son portrait est toujours exposé à la Faculté de Médecine de Paris ce qui témoigne de l’importance de sa renommée.

Il est représenté, avec d’autres Châlonnais célèbres, dans la galerie de portraits ornant le vestibule de l’Hôtel de Ville de Châlons dont une rue porte son nom  depuis 1954.

La Story Map des Châlonnais célèbres

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